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Observatoire des Pratiques Innovantes dans le domaine des exclus de l’éducation – ODPI

L’Observatoire des pratiques innovantes est né lors des rencontres africano-françaises organisées par le REPTA (Réseau Education pour tous en Afrique) à Ouagadougou en novembre 2006.

L’observatoire des pratiques innovantes est un outil de recensement, d’analyses , de recherches et de partages sur la problématique de l’inclusion éducative et sociale des exclus de l’éducation en Afrique subsaharienne et sur les alternatives mises en ouvre dans ce domaine.

Il ne se substitue pas aux bases de données existantes que publient les diverses organisations impliquées dans cette région, mais il met complémentairement à la disposition des personnes, organisations, institutions et associations un ensemble d’expériences exemplaires dont la portée innovante mérite d’être connu de tous.

L’administration de l’Observatoire des pratiques innovantes est assurée par un conseil scientifique et un comité technique issus des différents REPTA aujourd’hui en place tant en France qu’en Afrique.

Pour faciliter la circulation des informations, le moyen privilégié actuel de communication (internet) devrait à terme être accompagné d’une diffusion écrite en forme de bulletin de liaison des REPTA.

Toutes celles et tous ceux qui souhaitent participer à la réflexion ici engagée peuvent le faire :

En mettant à la disposition de l’ODPI les expériences qu’ils poursuivent, les analyses et les connaissances qu’ils produisent

En rejoignant les REPTA existants ou en cours de création.

Présentation en 12 questions

1/ D’où vient le projet d’ODPI ?

En juin 2005, le REPTA participe à l’organisation des premières rencontres franco-africaines regroupant à cette occasion en France, quarante six représentants africains du Bénin, Burkina Faso, Madagascar, Mali, Niger, Sénégal et Togo.

La question des exclus du système scolaire et des interruptions dans le système formel prend dans les débats sur l’Education pour Tous une importance particulière.« Qu’il s’agisse de ceux qui veulent entrer à l’école mais ne peuvent le faire,ou de ceux qui ont fréquenté l’école mais s’en trouvent exclus : Les Exclus de l’éducation sont nombreux en Afrique et le plus souvent ignorés dans les bilans dressés par les différentes instances nationales ou internationales ».

Considérant que l’Education pour tous ne être atteinte par la scolarisation universelle ni par le passage de tous par les systèmes de scolarisation formel, il s’agirait de mieux identifier les publics intéressés et leurs besoins et de répondre par la mise en place de dispositifs spécifiques et adaptés aux différents milieux.Des initiatives ayant été prises par différents acteurs de la société civile, il y avait nécessité de recenser celles-ci et de dégager parmi elles les pratiques porteuses de réussite à porter à la connaissance de tous..

De là naît l’idée de la mise en place d’un observatoire des innovations.

Dans son allocution finale de Lille, le Président du RESEAU EDUCATION pour TOUS en AFRIQUE (REPTA) Monsieur Mamadou NDOYE,secrétaire exécutif de l’Agence pour le Développement de l’Education en Afrique (ADEA) précise cette nécessité de la diversifier l’offre éducative, souligne l’articulation attendue entre l’enseignement formel et non formel et pointe les apports du système non formel à l’évolution du formel en particulier une meilleure articulation des apprentissages à la vie réelle, l’adoption de méthodes actives et participatives, qui permettent aux élèves et aux populations de s’impliquer fortement dans le processus d’éducation.Il lance alors le chantier de l’Observatoire des pratiques Innovantes parce qu’il faut « se hisser à la hauteur des défis qui sont posés aux sociétés africaines et aux jeunes ».

Pour le REPTA,il va s’agir de mettre à disposition des acteurs des différents pays (Cameroun, Bénin, Burkina Faso, Madagascar, Mali, Niger, Sénégal,et Togo) intervenant en direction des exclus de l’éducation des modèles spécifiques autres que les modèles classiques qui ne les atteignent pas. Dès mars 2006 il lance trois pistes dont il confie la mise en oeuvre aux Amis du repta (association nouvellement créée:

  • Soutenir dans les pays concernés la structuration de REPTA locaux, et appuyer leur mise en réseau aussi bien entre eux qu’avec leurs partenaires
  • Capitaliser les expériences innovantes,alternatives dans le domaine des exclus de l’école et théoriser celles-ci
  • Renforcer à la fois le processus d’échange entre les REPTA et les acteurs, la capitalisation des expériences et la réflexion sur les pratiques, par la mise en place de l’observatoire de l’innovation évoqué dès juin.Cet Observatoire constituera un des objets centraux des rencontres de Ouagadougou.

Dès juin 2006,le groupe de travail « Observatoire » constitué de :Mamadou Ndoye et Luc Dedessus-le Moustier coresponsables,Gérad Droz (membre représentant du Gref au bureau du REPTA),Ghislaine Dedessus-le-Moustier et Jean Pierre Durut membres des Amis du REPTA et Monsieur Conhye chercheur mauricien à l’ADEA se met au travail pour clarifier le concept et définir la portée de ce nouvel outil.

2/ Quelle mission ?

Offrir une information de premier plan et des outils d’aide à la décision et à la pratique fiables à tous les acteurs concernés par les domaines retenus (petite enfance,exclus du milieu rural,du milieu urbain…).

3/ Quelle visée pour le REPTA ?

Devenir la référence et le carrefour en matière d’innovation vers les exclus cet outil n’existant pas actuellement

4/ Quelles exigences de méthode ?

L’importance et l’opportunité de cette construction devra s’appuyer à la fois sur l’apport des acteurs de terrain et sur l’expertise des personnes qui accompagnent la démarche inhérente à ce type d’outil.. Si la construction de l’observatoire offre une occasion exceptionnelle de recenser et mieux connaître les ressources existantes, le recensement ne peut constituer qu’une première étape qui requiérera ensuite l’analyse du corpus ainsi constitué afin de répertorier les déterminants de la réussite et parfois des échecs à porter à la connaissance de tous.

« Généraliser une innovation ne marche jamais, cependant dégager de celle-ci les déterminants de la réussite pour les adapter à de nouvelles situations constitue la clef du progrès souhaité » Mahamadou N’Doye.

La démarche doit permettre de passer du modèle d’accompagnement en cours aux modèles de renforcement mutuel des capacités de tous les acteurs de la société civile que la charte du REPTA appelle.

5/ De quelle innovation parle-t-on ?

« On appellera innovant ce qui est inhabituel, inventé et mis en œuvre pour les besoins spécifiques d’un public, adapté aux réalités spécifiques d’un milieu social, culturel ou économique, qu’on ne trouve pas dans l’enseignement formel »

6/ Quel système d’innovation ?

Mettre en place une innovation dans les domaines retenus nécessite l’action concertée d’un ensemble de personnes toutes aussi importantes pour construire et réussir. Sous-estimer l’importance de cette interrelation entre les acteurs revient à négliger l’unité qui se constitue entre le dispositif reconnu innovant et un environnement global dont la complexité garantit le succès et souvent la pérennité de l’action.On parlera donc de dispositif ou de système d’innovation au centre duquel on retrouvera le « moteur de l’innovation », la classe ou le centre de formation, dont le comportement et les résultats dépendent tout autant de facteurs internes que de facteurs externes liés à un environnement plus ou moins propice à l’innovation et à des partenaires provenant de réseaux formels ou informels de l’environnement immédiat.

7/ Quelles composantes ?

Pour remplir sa mission de recensement et d’analyse des pratiques innovantes et pour appuyer les acteurs et partenaires dans leurs stratégies d’intervention, l’observatoire devra construire trois outils dont l’articulation garantira l’intelligence du système à mettre en place et permettra de cerner les évolutions dans leur dynamique.

  • Un tableau de bord d’une dizaine d’indicateurs qui permettront de faire le point sur le degré et l’état de l’innovation d’une action ou d’un projet
  • Le corpus des innovations constitué à partir d’une fiche signalétique au modèle collectivement adopté
  • Un système de veille stratégique capable de recueillir, traiter les différentes expériences repérées dans chaque Repta de pays et portées à la connaissance de l’observatoire par le corrspondant de celui-ci , diffuser l’information sur ce qui se passe en matière d’innovation ainsi que sur les grandes initiatives en matière de soutien à l’extérieur du dispositif lui-même
  • Cet ensemble pourrait être complété par des analyses ponctuellestraitant différents thèmes transversaux par exemple on pourrait penser à « innovation et insertion professionnelle », « innovation et bilinguisme. »; « innovation et partenariat… » «innovation et enseignement formel»…

Un observatoire au delà des professionnels : L’observatoire des innovations s’adressant aux adhérents du REPTA et à d’autres partenaires devra soutenir les futurs décideurs et les acteurs par la diffusion d’exemple type, de stratégies d’aide à la décision favorisant ainsi l’échange et le réseautage

7/ Quels impacts espérés ?

D’abord une meilleure connaissance par les acteurs actuels et dans tous les pays concernés

  • de l’état de l’innovation en matière d’exclus du système éducatif dans les domaines de la formation et de l’alphabétisation et des enjeux particuliers auxquels il faut faire face pour réussir.
  • des enjeux et des tendances actuelles dans ce domaine et des stratégies publiques d’appui dans le cadre des politiques régionales nationales et internationales.

Le concours de l’ADEA et de l’Institut International de planification de l’éducation/Unesco sera pour cela fortement utile comme l’adossement, lorsque cela est possible, aux ministères de l’éducation de la jeunesse et de l’insertion professionnelle des différents pays. De même l’utilisation de sources émanant d’autres institutions et ONG peut s’avérer possible (Agro sans frontières,Enda, l’Orstom sans oublier l’Iredu en matière d’évaluation).

8/ Et quels résultats ?

  • Un meilleur réseautage qui favorisera la définition de stratégies communes et une plus grande de circulation de l’information
  • L’amélioration et le développement de l’innovation en cours ce qui pourrait vouloir dire :
    • Plus de projets mais aussi plus d’investissements de la part des partenaires potentiels membres des REPTA ou en passe de les rejoindre
    • Plus d’insertion des jeunes et personnes au sortir des formations reçues
    • Plus de coopération et d’échanges réciproques de savoirs au niveau de chaque palier de mise en place et en œuvre.

L’ensemble de ces résultats connus devrait parallèlement contribuer à faire de l’observatoire un pôle majeur de réussite et de développement des REPTA, (le Repta français initial étant progressivement rejoint par des Repta africains..Sénégal,Niger,Burkina Faso Mali…) .

9/ Quelle gouvernance ?

Dans une première phase et pour une durée limitée,il appartient au REPTA-France d’assurer la mise en place du projet « observatoire » s’appuyant sur la dynamique et la réflexion conduite lors des rencontres africano-françaises de Ouagadougou et dans les Repta d e pays en place.

Un comité scientifique assurera le pilotage scientifique du dispositif, et uncomité technique, le développement technologique, la mise en place et la maintenace de celui-ci, veillant en particulier au suivi des questions de mise en œuvre . L’adoption d’une charte de l’observatoire devrait constituer un apport efficace à la construction progressive d’une culture commune sur notre théme central.

10/ Quel financement ?

La réussite d’un observatoire exige que ses recherches, son déploiement et son fonctionnement (en particulier la validation des informations adressées) et la technologie nécessaire bénéficient d’un investissement et d’un financement de fonctionnement à la hauteur des besoins et des espérances formulées.L’accueil réservé à l’intention par d’éventuels financeurs autorise l’optimisme quant à l’implication de ceux-ci vers un outil conséquent et reconnu par l’originalité de la démarche (en particulier l’appropriation par les acteurs eux- mêmes) et par la singularité de son champ.Dès l’origine une conviction a marqué l’entreprise :Il ne s’agira pas d’un observatoire de plus..

11/ Quel mode opératoire le plus simple pour un démarrage rapide ?

Au terme des différents échanges avec l’ensemble des acteurs actuels et futurs ont été retenus les principes et phase suivantes :

Un Principe fondateur: Ces sont les Repta de pays qui vont retenir les actions innovantes en cours ou passées qu’ils choisissent de mettre en circuit en vue d’une éventuelle présentation dans l’observatoire.

  • Phase 1 – Ils réaliseront ce signalement par l’envoi de la fiche signalétique nouvelle au coordonateur de l’observatoire :luc Dedessus-le-Moustier
  • Phase 2 – Dès réception de la fiche/dossier le comité technique transmettra celle-ci aux membres du comité scientifique qui durant un mois l’étudieront et par le moyen d’internet pour échanger ont entre eux sur le dossier.
  • Phase 3 – Au terme de ce mois d’examen,et suite à la synthèse issue des remarques portées par les membres du comité scientifique :
    • ou bien le coordonnateur sollicite auprès du correspondant pays les informations complémentaires jugées nécessaires
    • ou bien il propose avec l’accord du comité scientifique la validation de l’action.

Dans le cas d’une non validation d’une action, le correspondant pays (membre du comité scientifique) adressera au Repta concerné les justifications de la décision prise et les propositions d’amendement à apporter en vue d’un nouvel examen.

  • Phase 4 Validation des actions innovantes : Le comité technique, informé de la décision de validation installe l’action sur le site de l’obseravtoire.

Cette procédure ne devrait pas dépasser trois mois à partir de l’envoi initial

12/ Actions innovantes ou projets innovants ?

On appellera Projet innovant : la formalisation d’une idée, d’une intention d’agir que l’on juge innovant.
On appellera Action innovante : la mise en actes d’un projet, sa concrétisation.