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Depuis une dizaine d’années, nous constatons de grand progrès réalisés par le continent africain en termes d’accès à l’éducation. Cette tendance doit être maintenue et l’accent doit désormais être mis sur la qualité et le maintien des enfants dans le système éducatif. Des efforts sont également indispensables afin de prendre en compte ceux, encore trop nombreux, qui n’ont pas accès à une éducation inclusive et à des apprentissages tout au long de la vie. L’UNESCO a estimé en 2015 en Afrique à 30 millions le nombre d’enfants (dont 53% de filles) n’ayant toujours pas la chance de bénéficier d’un enseignement primaire. Face à la croissance démographique, les états ne peuvent pas faire face aux dépenses d’éducation qui permettraient de subvenir à tous les besoins. Beaucoup resteront insatisfaits. Le rôle que joue la société civile est à féliciter et encourager dans ce sens. Les gouvernements doivent notamment accompagner et soutenir les organisations qui œuvrent dans le domaine de l’éducation non formelle.

Au Mali, par exemple, depuis 2011 un vaste projet de développement de l’éducation non formelle appelé « Programme vigoureux d’alphabétisation » (PVA) a été initié par le gouvernement suite à la conférence organisée en 2007 par l’UNESCO sur l’alphabétisation. Depuis 2011, il existe plus 12000 centres d’alphabétisation fonctionnels sur le territoire national et on enregistre près de 383 063 utilisateurs. Des efforts ont été investis dans la production de manuels et de guides, avec un nombre avoisinant les 2 millions. Malgré cette volonté du gouvernement, selon le Centre National de Ressources de l’Education Non formelle (CNR–ENF), le pays enregistre un taux d’alphabétisation de 33% seulement en 2015. Selon l’UNICEF il était à 33,4% en 2012. La crise malienne a certainement eu un impact important en défaveur du secteur. Aussi, les nouveaux médias de communication peuvent jouer un rôle clé dans l’accès à l’enseignement, dans la qualité et dans la réduction du coût. Ceci d’autant plus que le monde désormais est animé par les progrès technologiques et numériques.

La révolution de la téléphonie mobile et de l’internet gagne du terrain sur le continent et pourrait offrir des opportunités considérables dans tous les pays, y compris ceux en situation de crise, si ces technologies sont utilisées de manière optimale et adéquate. Ces technologies peuvent être utilisées comme moyen d’enseignement mais doivent également faire l’objet d’un enseignement à part entière dans le système éducatif et dans le secteur non formel. Ceci nous oblige à nous interroger sur la pertinence de nos systèmes éducatifs et sur l’adéquation entre les produits du système et les attentes de la société actuelle de l’information. Pour répondre au besoin éducatif sur le continent, le Réseau Éducation Pour Tous en Afrique (REPTA) fort de son expérience et de son expertise du terrain éducatif africain et du numérique dans l’éducation, entreprend prochainement la création de plusieurs centres ressources, notamment un laboratoire expérimental de production de contenus numériques en langues nationales et en français pour l’éducation non formelle au Mali. L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) à travers son programme ELAN (École et Langues nationales) lancé en 2011 soutient déjà plus de 1069 écoles pour promouvoir l’introduction progressive d’un enseignement bilingue articulant une langue nationale et la langue française au primaire dans le système formel. Sur le plan cognitif, des recherches menées sur l’enseignement bilingue attestent que les compétences académiques acquises dans la langue première peuvent faciliter l’apprentissage d’autres enseignements dans la langue seconde.

Le « Laboratoire expérimental de production de contenus numériques bilingues pour l’éducation non formelle » est un Centre Ressources REPTA, qui aura pour ambition de rassembler les différents acteurs de l’éducation non formelle et d’élaborer avec eux des contenus adaptés et adéquats afin de donner aux enfants les compétences indispensables pour vivre au 21ème siècle.

Responsable Pays, Maïmouna Sissoko-Touré