Classe de la seconde chanceL’association « Fredie : La Vie au Niger », membre du REPTA a accepté en 2012 de renouveler l’expérience de la classe de seconde chance, initiée en 2006 par le REPTA, dans le village de Bangaré, commune de Diagourou.

L’association est bailleur de fonds pour le fonctionnement de cette classe (salaire de l’enseignant, fournitures, aide aux artisans….) mais est sollicitée par la commune dans la « marche » de la classe. Une convention a été établie entre la commune et l’association. Celle-ci définit les engagements de chacun.

L’implication de la commune est évidente et est un des facteurs de réussite de la classe. L’enseignant, natif de la commune, ayant eu un parcours lui-même près de la rupture scolaire, comprend les enfants et mène sa classe avec calme et fermeté. Il règne un climat de confiance ; le contact avec ses collègues de l’école gouvernementale est cordial. C’est toujours dans une ambiance sympathique que nous effectuons nos visites annuelles.

Cette année, quatrième et dernière année du cycle, ce sont 35 élèves sur 38 au départ qui suivent cette classe. Le niveau scolaire est satisfaisant et l’enseignant pense que plus de la moitié sera en mesure d’entrer en 6ème.

LSoudeures élèves suivent, en alternance les cours en classe et une formation à un métier du village. Les artisans : tailleurs, soudeur, mécanicien motos sont globalement satisfaits de leurs élèves.

Ayant au préalable rencontré l’inspecteur départemental, nous avons l’assurance que les élèves auront 3 possibilités : entrer en 6ème s’ils réussissent les évaluations gouvernementales, sinon entrer en formation professionnelle à Tera s’ils le souhaitent ou commencer à travailler grâce à la formation qu’ils ont suivie durant les quatre ans.

Chaque élève, ayant régulièrement suivi les quatre années, recevra un petit pécule provenant de la vente d’un troupeau attribué par l’association à la classe (10 brebis et 1 bélier, la première année arrivé à 53 animaux en décembre 2015).

Le troupeauCertes, il y a toujours des problèmes que nous n’avons pas prévus mais nos rencontres permettent de les régler au mieux. Le REPTA a attribué deux TBI à la classe de seconde chance (avec possibilité de les utiliser pour de la vulgarisation dans le village) à ce jour, faute d’électricité et de moyens pour effectuer l’installation, les tableaux ne sont pas utilisés.

Le manque de moyens de communication (pas d’électricité donc pas internet, les connexions téléphoniques difficiles…) est compensé par la volonté de réussir de chaque partenaire.

couturier1Lors de notre visite cette année, nous avons rencontré l’animateur de la formation approfondie en couture des élèves de la première classe de seconde chance, il a insisté sur l’utilité de la classe de la seconde chance et le niveau acquis de ces élèves puis il a confirmé que les élèves issus de cette classe étaient tous ressortis avec une qualification et une machine à coudre.

Un jour, une maman présente à la réunion, a dit : « Ce n’est pas la classe de la seconde chance mais la classe des deux chances, puisque les enfants peuvent soit prendre le chemin des études soit celui du travail qu’ils ont appris ».

Mauricette Piel.

Observations particulières de l’enseignant, Bangaré, le 12/12/2015.

Je remercie infiniment l’association Fredie : La vie au Niger, grâce à laquelle j’ai acquis, aujourd’hui, une grande expérience dans le domaine de l’enseignement de base, à cause de nombreuses séances de formation et des visites d’encadrement de différents membres de l’association accompagnant Mme Piel la présidente.

MécanicienCette année, la classe de seconde chance espère envoyer plus de 20 élèves au collège avec une expérience professionnelle dans le domaine de la mécanique, soudure et couture. Nous proposons de créer davantage de C2C, surtout dans les gros villages, pour diminuer le taux de déperdition scolaire très élevé dans la commune.

Boukari Issah

L’article de Hamma Boukari :

C’est lors d’une réunion du REPTA à Niamey, au Niger, en 2006 que nous avons eu la chance de rencontrer trois membres de l’association « Fredie : La vie au Niger » dont sa présidente Mauricette Piel. Ayant suivi avec attention la présentation de notre commune qui avait le taux de scolarisation le plus bas, moins de vingt pour cent (20%), elle a pris la décision de nous accompagner par la création d’une classe de seconde chance, projet initié par le REPTA à Diagourou, chef lieu de notre commune.

Cette classe a ouvert ses portes en janvier 2007. Dans cette classe, une vingtaine d’enfants ont fini le cycle de quatre ans ce qui leur a permis de savoir lire, écrire et d’apprendre un métier ; une fille est entrée au collège et suit actuellement la classe de troisième tout en étant une bonne couturière, elle mène à bien ces deux activités. Une seconde classe de C2C est actuellement en cours dans un autre village appelé Bangaré. Là, nous fondons plus d’espoir pour l’entrée au collège car les jeunes sont très assidus aux cours théoriques.

CouturierLa classe de seconde chance nous permet de sortir un certain nombre de jeunes de l’analphabétisme et de la délinquance car ils apprennent un métier qui leur permettra de mener une vie d’homme dans leur société.

Cette activité revêt une très grande importance pour notre commune, c’est pour cela que nous souhaitons que l’association continue à nous appuyer dans ce volet. Nous osons espérer que d’autres partenaires , qu’ils soient étatiques ou privés, apporteront leur soutien matériel ou financier à l’association « Fredie : La vie au Niger » pour qu’elle ait les moyens de continuer cette œuvre salvatrice qu’elle mène dans notre commune, c’est à dire la lutte contre l’obscurantisme.

Hamma Boukari

(conseiller municipal de la commune rurale de Diagourou,

président de la commission des finances et chargé du suivi de la C2C)