Sur le terrain, une histoire récente et riche

Les associations et ONG de terrain du Réseau Éducation pour tous en Afrique (REPTA) travaillent depuis plus de 10 ans dans les pays d’Afrique subsaharienne sur le secteur de l’éducation non-formelle, c’est-à-dire à l’initiative de la société civile, en particulier pour :

  • la prise en charge éducative de la petite enfance ;

  • l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, la formation de base pour les enfants et les jeunes non scolarisés ou déscolarisés ;

  • l’alphabétisation et l’insertion sociale des adultes, notamment des femmes ;

  • la formation professionnelle de base.

Ces différents champs d’action ont en commun d’adresser les populations les plus défavorisées et de toujours viser l’insertion sociale des individus et des familles. Pour cela le REPTA a choisi :

  • de faciliter les premiers apprentissages en utilisant la langue maternelle comme langue initiale de scolarisation ;

  • de développer en parallèle l’apprentissage et l’usage de la langue française en visant un bilinguisme véritable langue maternelle / langue française, le français devenant progressivement à son tour langue de scolarisation ;

  • de promouvoir la pédagogie active ;

  • de favoriser l’utilisation de solutions numériques, aussi bien des outils comme le tableau numérique, que des contenus notamment des ressources bilingues ;

  • de privilégier le fonctionnement en réseau pour établir des synergies plus efficaces d’une part sur le terrain, d’autre part en contribution à l’évolution des politiques d’éducation.

L’évolution du cadre d’action du REPTA

À la fois pour mieux répondre

  • aux constats de l’Unesco, dans le Rapport Mondial de suivi de l’Éducation 2016 et lors de la journée internationale de l’alphabétisation en septembre 2016 à Paris, – à l’échéance 2030 des Objectifs du Développement Durable, notamment l’objectif n°4 « assurer à tous une éducation équitable, inclusive et de qualité et des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie », – à l’agenda 2063 convenu lors de la Conférence des Chefs d’ États et de gouvernements de l’Union Africaine en janvier 2015, le REPTA consolide sa démarche sur quatre dimensions essentielles :

  • L’inclusion en accentuant dans le cadre des populations précitées les actions en direction des filles et des femmes ;

  • l’environnement numérique en traitant les deux perspectives, celle de l’enseignement, on cherche alors à faciliter l’animation collective, celle des apprentissages, on aura alors le souci de l’utilité pratique des solutions retenues, au-delà de la phase scolaire ;

  • l’apprentissage tout au long de la vie, ce qui amène à développer des ressources numériques autant dans l’esprit du «manuel scolaire» que dans celui du «manuel d’usage», par nature très évolutif ;

  • la création de capacités locales, par la mise en place dans les pays de centres ressources qui regroupent les moyens techniques et méthodologiques, et organisent l’intervention des différents acteurs. Ces micro-centres d’activité ont vocation à se développer dans deux directions économiques :

    celle de l’e-éducation, avec la production de ressources pour la maîtrise du bilinguisme langue maternelle-français, pour les bases de l’insertion sociale, de l’insertion économique, voire les rudiments métiers sur des domaines bien ciblés, pour l’éducation à la santé et à l’environnement…

    celle de la compétence TIC par des formations, des supports techniques, voire la promotion de nouvelles activités de recyclage…

Bilinguisme et ressources numériques

La langue est le premier facteur d’inclusion et les rapports à soi et au monde se comprennent et se construisent mentalement dans la langue maternelle. C’est pourquoi notre cheminement pédagogique pour le bilinguisme langue maternelle/français va d’abord du « parlé » à la lecture et l’écriture en langue maternelle, introduit parallèlement l’apprentissage du français oral puis progressivement la lecture et l’écriture du français.

Les acquis d’apprentissage en phase langue maternelle sont réutilisés pour la seconde langue dont l’appropriation devient plus rapide et plus sûre en termes de qualité de compréhension. Sur ses positions en matière de bilinguisme, le REPTA est en rapport avec le CIEP et l’OIF, notamment à travers les programmes ELAN (initiative d’enseignement bilingue dans le secteur formel) et IFADEM (formation des maîtres à distance).

Les ressources numériques envisagées seront principalement des supports d’apprentissage des langues et de leur lecture-écriture associant images, textes et sons basés sur un lexique riche et concret, facilitant le passage d’une langue à l’autre. Et c’est par extension lexicale que des ressources numériques seront aussi développées, progressivement, sur les sujets généraux évoqués plus haut, et, au gré des besoins des projets, sur des sujets métiers.

Au Burkina Faso, les actions déjà menées ont permis la réalisation d’une base lexicale d’images et de sons adaptée à l’apprentissage de la lecture pour le mooré (langue la plus parlée), le fulfudé, le goulmancema et le dioula. Les nouveaux lexiques envisagés sur le même principe concerneront dans un premier temps :

au Mali, le bambara (langue la plus parlée, plus de 50% de la population, proche du dioula), le peul (similaire au fulfudé déjà disponible) ;

au Niger, le Haoussa (la plus parlée, près de 50%), le Djerma (plus de 20%) ; le peul (8%) ;

au Sénégal, le Wolof, langue principale (85% de la population), le Pular et le Sérère. Dans chaque pays cité, un partenariat sera noué avec l’institut national en charge de la recherche pédagogique, ainsi qu’avec au moins un centre de formation des maîtres et des alphabétiseurs. Ces organismes participeront au projet pédagogique.

La démarche REPTA, en résumé

Les projets pays passent aujourd’hui par la création d’une capacité locale, brique essentielle, le centre ressources. Pour ce faire, le REPTA et ses partenaires :

  • apportent une aide en termes d’ expertise et de support, notamment pour la mise en place du réseau d’acteurs, la mise en place des moyens techniques dont l’accès à la plateforme numérique, les méthodes pédagogiques du bilinguisme et de la production de ressources numériques, l’installation des processus de fonctionnement et l’aide à l’établissement du financement du projet ;

  • formalisent les projets pays en 4 phases : 1- étude préalable (description générale, évaluation, décision de lancement), 2- contractualisation (finalisation contrats / conventions, montées en compétence, mise à disposition des moyens..) , 3- exécution d’une ou plusieurs sessions, 4- évaluations.

  • entretiennent l’activité réseau pour consolider et communiquer ces évaluations, comme à l’occasion des rencontres de Cotonou en 2012, échanger avec les grands acteurs de l’Education (ADEA, Breda Unesco, CIEP, OIF, …). La prochaine rencontre de capitalisation est envisagée en fin d’année 2020.